De lignes de failles en lignes de force, Kintsugi, l'art de la résilience…

L’art du Kintsugi : découvrez la technique traditionnelle étape par étape

L'art du Kintsugi requiert soin, patience et concentration, étape par étape, couche après couche....

© Myriam Greff

L’art du Kintsugi suit un cérémonial lent et minutieux, qui requiert patience et concentration.

Jour après jour, semaine après semaine, étape par étape, l’objet sera nettoyé, pansé, soigné, guéri, et, enfin, sublimé. Voici en détail les différentes phases traditionnelles de la réalisation d’un Kintsugi. Peut-être y prendrez-vous goût : c’est aussi l’occasion de découvrir le plaisir de ces gestes lents et précis, qui invitent à s’immerger avec délice dans la pleine conscience du moment présent


Etape 1 : Brisez

Eprouvez : un imprévu, un faux mouvement, un choc, et c’est la chute…

Acceptez : reprenez vos esprits, et rassemblez les éclats.

Décidez : faites le choix de donner une deuxième chance et une deuxième vie à l’objet au lieu de le jeter.

Choisissez : étudiez les différentes techniques de réparation qui existent et sélectionnez celle qui vous convient le mieux : technique illusionniste (réparation invisible), des agrafes (agrafes métalliques le long de la fissure), ou Kintsugi ? (jointures d’or)

Imaginez : soyez créatif et osez penser différemment !

Visualisez : concentrez-vous et représentez-vous la vision de l’objet réparé dans toute sa splendeur.

 


Etape 2 : Assemblez

 

Préparez : nettoyez les morceaux de l’objet, réunissez tous les outils (spatule, palette, laque, pinceaux, poudre d’or, boîte de séchage, baguettes, essence de térébenthine, papier de verre, coton de soie…)  et protégez-vous avec des gants.

Reconstituez : observez et assemblez le « puzzle » pour préparer la réparation.

Transformez : changez le poison en antidote ! La laque (Urushi) utilisée comme liant pour coller les pièces est naturelle. Elle est obtenue directement de la résine du Laquier. Mais elle est très irritante, c’est pourquoi il faut se protéger lors de son application. Cependant, en séchant, elle va durcir et réparer l’objet parfaitement, en perdant sa toxicité.

Rassemblez : préparez et appliquez le liant (Mugi-Urushi, mélange de farine et de laque Urushi) des deux côtés de la cassure avec une spatule, et collez les pièces pour reconstituer l’objet.

Comblez : si une pièce manque, préparez un liant (Sabi-urushi) en mélangeant de la laque (Urushi) avec de la poudre de roche (Tonoko), et recréez-la patiemment avec cette pâte.

Associez : si cela vous inspire, vous pouvez même choisir une pièce provenant d’un autre objet pour combler le manque de façon originale (Technique du Yobi-tsugi).


Etape 3 : Patientez

Enlevez : gratter la matière superflue avec un outil (rasoir, cure-dent, cutter, spatule fine…) puis nettoyez en passant de l’essence de térébenthine.

Maintenez : positionnez les pièces bien en place avec du ruban adhésif de masquage, ou des élastiques.

Laissez respirer : la laque (Urushi) est vivante, elle doit paradoxalement respirer pour sécher et durcir. Préparez une boîte en carton fermée (Muro), disposez au fond une serviette et quelques baguettes pour poser l’objet au-dessus du tissu comme sur une grille.

Déposez : la laque durcit mieux lorsqu’elle est maintenue à un taux d’humidité compris entre 75 et 90 %, et idéalement à plus de 20 degrés. Aussi, déposez l’objet dans sa boîte et maintenez-la à la chaleur et à l’humidité constamment.

Nettoyez : à chaque étape, nettoyez les instruments (spatules, coupelle, pinceaux…) avec de l’essence de térébenthine ou de l’huile végétale et rangez soigneusement votre matériel pour la prochaine fois.

Laissez : attendez patiemment que l’objet sèche dans la boîte entre 7 et 14 jours.


Etape 4 : Réparez

Polissez : lorsque l’objet est parfaitement sec, nettoyez les traces de liant avec un cutter et de l’essence de térébenthine, puis poncez avec du papier de verre pour lisser parfaitement la surface. Il ne reste alors plus sur l’objet qu’une cicatrice de couleur marron.

Touchez : certaines irrégularités sont difficiles à discerner à l’œil nu. Vérifiez au toucher que la surface est parfaitement plane, en passant votre doigt sur les lignes de failles.

Appliquez : déposez avec application sur toutes les cicatrices de l’objet une première couche de laque, noire, (Roiro-urushi) à l’aide d’un pinceau très fin.

Concentrez : respirez régulièrement, concentrez-vous et ayez des gestes lents, mesurés et précis pour dessiner la ligne la plus fine possible. Laissez sécher dans la boîte (Muro) environ une à deux semaines.

Ajoutez : polissez la surface, puis appliquez à nouveau une deuxième couche très fine de laque, rouge (E-urushi, ou Neri Bengara-urushi).

Réanimez : les cicatrices sont désormais recouvertes d’une belle laque rouge. Telles des veines brillantes et bien irriguées, elles ont guéri l’objet et lui ont donné un second souffle. Remettez une demi-heure dans la boîte.

 


Etape 5 : Révélez

Illuminez : placez la poudre d’or sur un pinceau ou dans un tube d’application et saupoudrez-la délicatement sur la laque encore collante (sans la toucher car elle est encore fraîche).

Récupérez : à l’aide du pinceau, rassemblez la poudre d’or en excédent pour votre prochaine création. Puis placez à nouveau l’objet dans la boîte (Muro) pour laisser sécher et durcir pendant 2 à 3 jours.

Dévoilez : une fois la laque sèche, passez une boule de coton de soie pour enlever l’excédent de poudre d’or et révéler les cicatrices d’or.

Protégez : passez une fine couche de laque protectrice pour stabiliser l’or, que vous tamponnerez délicatement 5 minutes après. Laissez sécher à nouveau, pendant 24h.

Personnalisez : adoptez l’outil qui vous conviendra et vous « parlera » le mieux pour polir l’or. Certains Maîtres Kintsugi utilisent une pierre d’agate, d’autres de l’ivoire, des dents de poisson, une pierre d’hématite…

Resplendissez : polissez l’objet avec un mélange d’huile et de poudre, et le polissoir que vous aurez choisi pour faire étinceler l’or.


Etape 6 : Sublimez

 

Observez : prenez du recul et contemplez l’objet réparé et sublimé dans toute son unité, portant avec noblesse ses cicatrices d’or.

Admirez : remarquez comme l’objet cassé s’est réincarné en une œuvre d’art précieuse, unique et inestimable.

Contemplez : rappelez-vous de l’histoire que cet objet porte en ses cicatrices…

Ressentez : la laque a durci en séchant, sentez combien l’objet est encore plus solide qu’avant la réparation.

Assumez : acceptez avec fierté l’imperfection. Il est encore plus beau et plus précieux une fois cassé et réparé !

Exposez : présentez votre création à votre entourage. Racontez son histoire pour inspirer les autres, et leur souffler l’idée qu’il est possible de réparer…


Fournitures

Vous trouverez facilement tout le matériel sur internet, au détail ou sous forme de kits prêts à l’emploi. Selon votre degré de perfectionnisme et votre budget, vous pouvez suivre la méthode traditionnelle, avec la véritable laque Japonaise (Urushi) et de la poudre d’or 22 carats (recommandé pour un usage alimentaire) ou vous inspirer simplement de cette technique et assembler de la colle Epoxy et de la peinture dorée ou de la poudre de nacre.


Apprendre la technique du Kintsugi

Pour apprendre la technique traditionnelle, vous pouvez consulter des tutoriels gratuits sur internet, prendre une leçon particulière à distance avec un artisan Kintsugi expérimenté (cliquez ici pour découvrir des contacts), ou vous inscrire à des stages ou ateliers de formation à l’art traditionnel du Kintsugi. (consultez ici l’annuaire international des stages et ateliers Kintsugi)

Cet art est exigeant… Si vous n’avez pas le courage de vous lancer, vous pouvez aussi vous inspirer de cet art pour créer un « faux Kintsugi », avec une méthode simplifiée, ou confier vos trésors à restaurer à des artisans Kintsugi qualifiés (cliquez ici pour consulter l’annuaire mondial des artisans et maîtres Kintsugi)


Le Kintsugi comme métaphore de la vie…

Le Kintsugi est une parfaite métaphore de la vie et de la philosophie de la résilience… Si le sujet vous inspire, vous pouvez retrouver toutes ces étapes telles un fil conducteur pour vous guider dans votre propre processus de guérison dans le livre de Céline Santini, « Kintsugi, l’art de la résilience« . (Editions First, 2018).


Assumez votre singularité : comme le souligne l'art du Kintsugi, vous êtes absolument unique au monde !

Comme un Kintsugi, vous êtes unique au monde


Kintsugi, l'art de la résilience - un livre pour mettre de l'or sur ses blessures

Kintsugi, l’art de la résilience – Version Française. Bientôt disponible en Anglais, Espagnol, Portugais, Allemand, Néerlandais, Italien, Polonais, Tchèque.

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