
Les Mots-clefs du Kintsugi
Parce que c’est le lexique que nous aurions aimé avoir sous les yeux quand nous avons débuté, voici quelques mots bien choisis pour apprendre à naviguer parmi le vocabulaire japonais de l’art du Kintsugi, et s’y retrouver !
Un art traditionnel complexe
Le Kintsugi est l’art japonais qui consiste à réparer les objets cassés en mettant en valeur leurs fissures avec de l’or au lieu de les dissimuler. De nombreuses personnes éprouvent un véritable coup de foudre pour cette technique si poétique, et veulent s’y essayer. Mais le Kintsugi est une pratique exigeante, qui demande de la patience, du matériel spécifique, et beaucoup de préparation.
En particulier, la plupart des mots utilisés étant en japonais, il peut être nécessaire d’avoir un lexique sous les yeux pour mieux se repérer. Voici donc ci-dessous une liste simple (et non exhaustive) de quelques définitions clés pour les débutants les plus motivés !
Lexique
Chawan : bol à thé japonais traditionnel.
Dō : la voie, le chemin, l’art de vivre en pleine conscience menant à l’éveil.
Gintsugi : objet cassé réparé avec de la laque et de la poudre d’argent, mettant en valeur les fissures.
Kintsugi : objet cassé réparé avec de la laque et de la poudre d’or, mettant en valeur les fissures.
Kintsukuroi : processus de réparation des objets cassés avec de l’or, souvent utilisé comme synonyme de Kintsugi.
Konazutsu : tube en roseau ou en bambou avec un tamis métallique fin, utilisé pour saupoudrer uniformément la poudre d’or sur la couche de laque rouge humide (neri bengara-urushi).
Maki-e : technique décorative utilisant de la poudre d’or ou d’argent saupoudrée sur de la laque pour créer des motifs.
Mugi-urushi : colle pour assembler les morceaux cassés. Elle est composée d’un mélange de résine (urushi) et de farine (de blé ou de riz).
Muro : récipient, souvent une boîte en carton, utilisé lors des réparations Kintsugi pour que la laque urushi durcisse dans les conditions optimales, proches de celles du climat japonais. L’intérieur est généralement maintenu à une température de 20–28°C et à une humidité de 65–80 %.
Neri bengara-urushi (souvent appelée e-urushi) : laque teintée de rouge utilisée comme couche finale lors d’une réparation Kintsugi, appliquée après les couches de base noires. Sa couleur provient d’un pigment d’oxyde de fer rouge (hématite) mélangé à de l’urushi. La poudre d’or est appliquée délicatement, généralement avec une boule de soie, un pinceau ou un tube (konazutsu), sur la laque encore humide, pour qu’elle adhère avant que la préparation ne durcisse.
Roiro-urushi : laque utilisée pour affiner la surface des fissures avec quelques couches après la réparation initiale. Sa couleur provient d’un pigment d’oxyde de fer noir (magnétite) mélangé à de l’urushi.
Sabi-urushi : préparation utilisée pour réparer, combler les interstices, recréer ou remplacer des pièces manquantes, préparé à partir de résine (urushi) et de pierre pulvérisée (tonoko).
Shogun : chef militaire du Japon du XIIe au XIXe siècle. Selon la légende, le shogun Ashikaga Yoshimasa (1435–1490) aurait inspiré la création du Kintsugi.
Tintsugi : objet cassé réparé avec de la laque et de la poudre d’étain, mettant en valeur les fissures.
Tonoko : pierre pulvérisée mélangée à de la résine (urushi) pour préparer la colle.
Toxicodendron vernicifluum : nom latin de l’arbre d’Asie orientale dont est extraite la résine urushi. Son nom reflète à la fois sa nature (toxicodendron signifie « arbre poison » en raison de l’urushiol allergène contenu dans sa sève) et son usage (vernicifluum signifiant « qui produit un vernis fluide »)
Urushi : résine naturelle extraite de l’arbre à laque (Toxicodendron vernicifluum), traditionnellement utilisée dans les arts de laque japonais. Elle est initialement blanc laiteux, devient transparente après traitement, et peut être colorée — le plus souvent en rouge (neri bengara urushi) ou en noir (roiro urushi). À l’état brut, elle peut provoquer des réactions allergiques, mais devient sans danger une fois totalement durcie dans un environnement humide (dans le muro)
Urushi-tsugi : joint laqué de couleur brune, généralement visible avant d’être recouvert de métal ou de poudre d’or. Parfois, il est volontairement laissé apparent comme choix esthétique final.
Urushiol : composé allergène naturellement présent dans la sève brute d’urushi, responsable de réactions cutanées avant que la laque ne soit totalement durcie.
Wabi-sabi : art de vivre qui reconnaît la beauté des choses imparfaites, éphémères et simples.
Yobi-tsugi : utilisation d’une pièce provenant d’un autre objet pour remplacer une partie manquante
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Poursuivez votre exploration
Si vous voulez en savoir plus sur le Kintsugi, nous vous invitons à consulter notre livre Kintsugi, l’art de la résilience, un « KintsuGuide » pour naviguer à travers les différentes étapes de la réalisation d’un Kintsugi, en résonance avec votre propre parcours de vie…

Pourquoi un lexique du Kintsugi ?
Parce qu’il n’est pas toujours facile de s’y retrouver entre les différents termes utilisés qui font références aux différentes étapes et matériels du Kintsugi si l’on ne parle pas japonais.
Ce lexique est-il accessible aux débutants ?
Oui. Chaque terme est expliqué de manière claire en quelques mots. Le lexique a été conçu pour être compréhensible sans connaissance préalable
Quelle est la différence entre le Kintsugi et le Kintsukuroi ?
Le terme Kintsugi désigne l’art de mettre en valeur les fissures avec de l’or, en insistant sur leur visibilité et leur sens. Kintsukuroi renvoie davantage à l’acte de réparer avec de l’or. Aujourd’hui, les deux notions coexistent et expriment une même vision de la réparation assumée.
Quelle est la différence entre le Kintsugi et le Gintsugi ?
La différence tient au métal utilisé lors de la réparation. Le Kintsugi emploie de la poudre d’or, tandis que le Gintsugi utilise de l’argent. Le geste, la symbolique et le processus restent identiques. Seule l’esthétique finale varie, selon la sensibilité recherchée.
Pourquoi le Wabi-sabi est-il souvent associé au Kintsugi ?
Parce que les deux partagent une même manière de regarder l’imperfection. Le Wabi-sabi célèbre la simplicité, l’impermanence et la trace du temps. Le Kintsugi en est une expression concrète, rendant visibles les fractures comme partie intégrante de la beauté de l’objet.
























