
l’art de sublimer les cicatrices
Le Kintsugi, cet art ancestral Japonais plus que jamais d’actualité, souligne les cicatrices d’un objet cassé avec de l’or. Les failles deviennent témoins de l’histoire de l’objet brisé. Elles disent son vécu, et témoignent de ses souffrances… Mais aussi de sa résurrection. L’objet réparé avec des lignes d’or pur devient magnifié par ses épreuves. Paradoxalement encore plus beau, encore plus fort d’avoir été brisé…
L’art comme thérapie
C’est une magnifique métaphore de la résilience. Nos épreuves nous renforcent : le fameux « Ce qui ne tue pas me rend plus fort » de Nietzsche. De nombreux artistes se sont emparé de cette métaphore, et du thème de la résilience à travers les cicatrices. Au lieu de les cacher, ils les soulignent. L’art devient art-thérapie. En voici ci-dessous quelques exemples, inspirés pour certains directement de l’art du Kintsugi.
Vous êtes venu,
vous avez vécu,
vous avez vaincu
Céline Santini, Kintsugi, l’art de la résilience
Hélène Gugenheim : de la blessure à la guérison

Cette artiste recouvre de feuille d’or les cicatrices des personnes qui ont souffert, pour les soutenir dans leur processus de guérison.. Son projet s’intitule : « Mes cicatrices. Je suis d’elles, entièrement tissé. »
« Quand j’ai vu la cicatrice de Marie, j’ai vu un mélange de force et de fragilité. Je n’ai pas seulement vu la blessure, mais la guérison. À un moment ou à un autre, on est blessé : sur la peau, dans le cœur… On doit faire avec. Et on ne continue pas de la même manière qu’on le faisait : on doit trouver une nouvelle manière d’avancer. « indique Hélène Gugenheim.
Kader Attia, la réparation et les cicatrices

Cet artiste a mis le thème de la réparation et des cicatrices au coeur de son oeuvre. Aux blessures physiques, dues à la guerre ou à des rituels, répondent aussi des blessures de civilisation
» Les cicatrices nous rappellent que notre passé est réel » . « Les sociétés extra-occidentales ont un autre rapport à la réparation. Elle ne doit pas effacer la blessure » témoigne Kader Attia.
Becka Regan : le Kintsugi comme support de guérison

Becka Regan est une photographe qui s’inspire de l’art du Kintsugi pour souligner les cicatrices des personnes qu’elle photographie. Les corps sont ainsi magnifiés, porteurs de leur histoire…
« Je suis stupéfaite de voir combien de personnes m’ont offert leur corps accompagné de cette phrase : « Je ne suis pas sûre que cela soit important, mais… » Bien sûr que vous êtes important. Il y a des personnes qui m’ont dit que leurs cicatrices étaient insignifiantes ou minimes en comparaison avec celles des autres. Je veux que vous le sachiez : vous êtes important ! Vous êtes important ! Vous êtes important ! » explique Becka Regan
Flavia Carvalho : le tatouage qui embellit les cicatrices

En proposant aux femmes ayant subi des violences domestiques ou des cancers du sein de magnifier leurs cicatrices avec des tatouages, le tatouage devient art-thérapie…
« C’est merveilleux de voir à quel point leur relation à leur corps change après qu’elles aient le tatouage. J’en suis beaucoup sur Facebook, et je vois combien, après avoir eu honte de leur corps scarifié, ellles postent maintenant des photos en robes, et elles ont l’air heureuses, changées. C’est transformateur. » indique Flavia Carvalho.
Sarkis : le Kintsugi comme source d’inspiration

Sarkis met le Kintsugi au coeur de sa création, à travers différents médiums : tableaux, objets, meubles, céramiques… qu’il transcende avec sa vision.
« Je suis fasciné par cette technique japonaise appelée « Kintsugi » du 16ème siècle. J’ai travaillé comme un calligraphe de façon très concentré et les pièces sont sorties d’un seul jet, comme une fulgurance. » explique Sarkis.
Philippe Buil : la délicatesse de la cicatrice

Cet artiste travaille une dentelle de bronze qu’il associe à la force de guérison de l’or, soulignant les cicatrices de ses délicats bustes de femmes.
Billie Bond : parfaite imperfection

Inspirée par l’art du Kintsugi, l’artiste Billie Bond explore la fragilité et la résilience à travers la beauté des cicatrices de ses oeuvres.
« Le Kintsugi rend l’objet encore plus beau qu’avant – enrichi de son expérience. » explique Billie Bond.
Avoir Le Kintsugi dans la peau
Si le sujet du Kintsugi vous attire et vous intrigue, nous vous invitons à consulter l’ouvrage de Céline Santini, intitulé « Kintsugi, l’art de la résilience » aux Editions First. Et pour aller encore plus loin et pour vous aussi vivre cette expérience, nous proposons au cours de nos stages « Kintsugi, transformez votre plomb en or » un atelier « Avoir le Kintsugi dans la peau » où les participant.es retrouvent les gestes ancestraux du Kintsugi transposés sur leur corps, à l’endroit qui est le plus juste pour eux. Pour ressentir jusque dans son corps toute la force de la résilience.
























